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SALLINGER
DE BERNARD-MARIE KOLTÈS
MISE EN SCÈNE CATHERINE MARNAS

ÉQUIPE DE CRÉATION


Mise en scène Catherine Marnas
Assistant à la mise en scène Julien Duval
Scénographie Carlos Calvo
Lumières Michel Theuil
Création sonore Madame Miniature, Lucas Lelièvre
Costumes Dominique Fabrègue assistée de Édith Traverso
Maquillages Sylvie Cailler
Collaboration pour le mouvement Marc Proulx
Fabrication costumes et décor ateliers du TNS

" Peu montée, Sallinger (avec deux ll) est sans doute la plus atypique et la plus énigmatique des pièces de Bernard-Marie Koltès : se déroulant aux États Unis, non pas dans un lieu hors du monde comme peut l’être le hangar de Quai Ouest ou de Dans la Solitude des champs de coton, mais glissant sans frontière d’un univers familial — une famille de l’Amérique moyenne avec salon, rideaux aux fenêtres, fauteuil et guéridon — à des lieux fantastiques — mausolée éclairé par la lune, champ de bataille exotique, New York abstrait, nocturne déconnecté...

J’ai longtemps pensé que ce contexte n’était qu’un prétexte, lié à la commande que lui avait passée Bruno Boëglin à partir de l’auteur américain : Jerome David Salinger (avec un seul l) tant les thèmes et l’écriture de Koltès sont ici les mêmes que dans toute son œuvre : le passage à l’âge adulte, la demande d’amour, les relations fraternelles... J’ai appris récemment que l’attirance de Koltès pour cet auteur était antérieure à la commande. Il avait demandé à ses camarades de Strasbourg de lire L’Attrape-coeurs et Franny et Zooey.

Et à y regarder de plus près, beaucoup de mystères de la pièce se résolvent dans ces œuvres. Le coup de fil énigmatique de la fin fait penser à l’interlocuteur de la Mort du frère mort de Franny et Zooey. Le personnage Ma ressemble, par bien des points, à la mère de la même nouvelle. Les gants de peau fétiches de Leslie font penser au trophée du grand frère mort de L’Attrape-coeurs : un gant de base ball sur lequel il avait écrit des passages de ses poèmes préférés. Enfin et surtout, le rapport privilégié que tous les personnages jeunes de Salinger entretiennent avec l’enfance me semble être une clé importante de la pièce de Koltès. Quête de la vérité, des raisons de vivre, questions sur la vie à l’aune de l’enfance et de la mort : deux intransigeances.

Henry préfère sauter du pont avant d’avoir à faire aux " grands videurs de boîte" de la guerre, Anna choisit la folie pour ne pas devenir une femme qui attend à sa fenêtre, le Rouquin du haut de la souveraineté de sa mort, ricane. Leslie hésite, il s’accommoderait bien de faire une famille, de décorer un home... mais ne sait vraiment pas comment s’y prendre. Alors il se débat : " ne craignez rien, laissez vous faire, vous avez en face de vous un être qui veut seulement entendre une autre respiration, écouter un autre coeur qui bat ; j’ai cassé toutes les vitres et sauté par la fenêtre pour pouvoir toucher un autre être...". Les parents sont dépassés : "ils bougent, ils bougent, ils ne s’arrêtent pas de s’agiter, ils ne savent pas s’asseoir, fumer une cigarette tranquillement ; trouver un moment le monde normal, et se trouver dedans normalement." dit la mère. Le père entrevoit la solution : " tout va si mal qu’il était vraiment temps que la guerre se déclare..."

Ce rapport à la guerre, celle du Vietnam (on est en 1964), est sans doute la raison essentielle pour laquelle j’ai envie de monter cette pièce aujourd’hui, comme un calque qu’on replacerait sur notre époque pour mettre en évidence les décalages. Les jeunes d’aujourd’hui sont fascinés par la génération “Flower Power“ dont ils arborent les icônes mais dans une époque résolument va-t-en guerre et patriotique, que peut-il en être de ces slogans ? Comment résonne aujourd’hui l’univers de cette époque, ses musiques, ses couleurs, son pacifisme, sa révolte ?

J’ai eu l’occasion par deux fois de monter de larges extraits de Sallinger lors de collages avec de jeunes acteurs : Matériau Koltès et Si un chien rencontre un chat. J’ai été impressionnée par la force de la partition de jeu que cette pièce propose aux acteurs - un curieux et fascinant mélange de la force nocturne avec ses paroles qui débordent et une certaine désinvolture apparente à la Salinger, où le plus important est ce qui est tu. Une façon de se tirer une balle dans la tête l’air de rien comme dans la nouvelle Un jour rêvé pour le poisson-banane.

Comme souvent chez Koltés, l’humour – qu’il aimait tant - côtoie les larmes, la comédie côtoie la tragédie. Un ton qui ferait penser à un Tchekhov contemporain. Un équilibre de jeu entre distance et engagement total, entre impudeur et auto-ironie. Un équilibre, oui, c’est bien le mot ; les personnages de Sallinger sont des funambules au bord du vide, au bord du pont, sur la crête du mausolée pour rejoindre les oiseaux qui les survolent ou s’écraser au sol comme le fait plusieurs fois le Rouquin.

Une belle métaphore de notre vie, en équilibre, sur le fil... "

Catherine Marnas




Muriel Inès Amat (TNS) Anna, soeur du Rouquin et de Leslie
Fred Cacheux (TNS) Leslie, frère du Rouquin
Marie Desgranges (TNS) Carole, veuve du Rouquin
Antoine Hamel (TNS) Le Rouquin
Franck Manzoni (Cie Parnas) Al, le père
Olivier Pauls (Cie Parnas) Henry, confident de Leslie
Cécile Péricone (TNS) June, confidente de Carole
Bénédicte Simon (Cie Parnas) Ma la mère

Une coproduction :

TNS Théâtre National de Strasbourg
Compagnie Dramatique Parnas
Théâtres en Dracénie | Draguignan (83)




création le mardi 20 novembre 2012
Théâtre National de Strasbourg Strasbourg (67)

DATE LIEU VILLE

2013-02-12 20:30:00

le 12 février 2013 à 20h30
Théâtres en Dracénie Draguignan (83)

2013-02-05 20:30:00

le 5 février 2013 à 20h30
Théâtre de Cavaillon Cavaillon (84)

2013-02-02 20:30:00

le 2 février 2013 à 20h30
Le Cratère Alès (30)

2013-01-31 20:30:00

le 31 janvier 2013 à 20h30
Théâtre de la Colonne Miramas (13)

2013-01-15 20:30:00

le 15 janvier 2013 à 20h30
Théâtre La passerelle Gap (05)

2013-01-11 20:30:00

le 11 janvier 2013 à 20h30
Théâtre des Salins Martigues (13)

2012-12-07 20:00:00

le 7 décembre 2012 à 20h00
Théâtre National de Strasbourg Strasbourg (67)

2012-12-06 20:00:00

le 6 décembre 2012 à 20h00
Théâtre National de Strasbourg Strasbourg (67)

2012-12-05 20:00:00

le 5 décembre 2012 à 20h00
Théâtre National de Strasbourg Strasbourg (67)

2012-12-04 20:00:00

le 4 décembre 2012 à 20h00
Théâtre National de Strasbourg Strasbourg (67)

2012-12-02 16:00:00

le 2 décembre 2012 à 16h00
Théâtre National de Strasbourg Strasbourg (67)

2012-12-01 20:00:00

le 1er décembre 2012 à 20h00
Théâtre National de Strasbourg Strasbourg (67)

2012-11-30 20:00:00

le 30 novembre 2012 à 20h00
Théâtre National de Strasbourg Strasbourg (67)

2012-11-29 20:00:00

le 29 novembre 2012 à 20h00
Théâtre National de Strasbourg Strasbourg (67)

2012-11-28 20:00:00

le 28 novembre 2012 à 20h00
Théâtre National de Strasbourg Strasbourg (67)

2012-11-27 20:00:00

le 27 novembre 2012 à 20h00
Théâtre National de Strasbourg Strasbourg (67)

2012-11-24 20:00:00

le 24 novembre 2012 à 20h00
Théâtre National de Strasbourg Strasbourg (67)

2012-11-23 20:00:00

le 23 novembre 2012 à 20h00
Théâtre National de Strasbourg Strasbourg (67)

2012-11-22 20:00:00

le 22 novembre 2012 à 20h00
Théâtre National de Strasbourg Strasbourg (67)

2012-11-21 20:00:00

le 21 novembre 2012 à 20h00
Théâtre National de Strasbourg Strasbourg (67)

2012-11-20 20:00:00

le 20 novembre 2012 à 20h00
Théâtre National de Strasbourg Strasbourg (67)