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SI UN CHIEN RENCONTRE UN CHAT...
TEXTES ET EXTRAITS DE NOTES DE BERNARD-MARIE KOLTÈS
DIRECTION CATHERINE MARNAS

EQUIPE DE CRÉATION

Direction Catherine Marnas
Chorégraphie : Aurélien Desclozeaux
Scénographie : Carlos Calvo
Son : Madame Miniature
Costumes : Edith Traverso
Assistanat : Mathieu Bonfils, Elsa Mingot, Bénédicte Simon
Lumières : Pierre Leblanc
Régie : Yann Jaouen & Emma Query

C’est à une traversée en territoire kolkésien, davantage qu’à une simple représentation théâtrale, que nous invitent quatorze jeunes comédiens de l’ensemble 18 (3e année de l’Erac). Mis en scène par Catherine Marnas, Si un chien rencontre un chat… (dont le titre cite une note de Bernard-Marie Koltès à propos de Dans la solitude des champs de coton), entremêlant des fragments de textes et des notes de l’auteur, se veut une porte d’entrée singulière dans cet univers sombre, habité par la force paradoxale de la langue. Les personnages sont des êtres « aux aguets », comme l’entendait Deleuze au sens animalier du terme. Sur le qui-vive dans un territoire inquiétant et souvent sombre, nocturne, comme la parole qui dit trop ou trop peu, qui déborde, qui dit tout autre chose que ce qu’elle semble dire, comme dans le rêve, la nuit. Frôlements, haine, demandes d’amour éperdues, électricité en tout cas que provoque la proximité des corps : nous sommes seuls et nous sommes trop nombreux, c’est ce paradoxe que vont expérimenter quatorze jeunes gens sur sur le plateau de La Criée, puis au Festival d’Avignon cet été. Un hommage, aussi, à l’esprit du théâtre de Koltès, capable de toucher au plus intime les personnes les plus différentes.

Une production de l’ERAC [Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes]
Avec les élèves de l’ensemble 18, dans le cadre de la 3ème année d’insertion professionnelle de l’Erac, sous la direction de Catherine Marnas.


Ensemble 18 [Élèves de 3e année de l’ERAC]

Manon Allouch,
Louise Belmas,
Carol Cadilhac,
Mahio Campanella,
Julie Collomb,
Camille Cuisinier,
Magalie Dupuis,
Benjamin Farfallini,
Antoine Formica,
Pauline Jambet,
Juliette Peytavin,
Issam Rachyq-Ahrad,
Mathieu Tanguy,
Mikaël Teyssié

Production de l’ERAC [Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes]
En partenariat avec le Théâtre national La Criée [Marseille]


création le mardi 22 juin 2010
Théâtre La Criée Marseille (13)

DATE LIEU VILLE

2010-07-12 12:59:00

du 8 juillet 2010
au 12 juillet 2010
Cloître Saint Louis Avignon (84)

2010-06-26 20:00:00

du 22 juin 2010
au 26 juin 2010
Théâtre La Criée Marseille (13)

CESAR N°289

Les jeunes acteurs de l’école régionale de Cannes, dans le cadre de leurs travaux de fin d’études présentaient un montage de textes de Koltès sous la direction de Catherine Marnas, leur professeur. Celle-ci, très familière de l’auteur pour l’avoir mis en scène plusieurs fois, proposait une rencontre improbable de différents extraits de pièces et de notes, comme une traversée en territoire koltésien. Le résultat est éblouissant. Réunis devant deux rangées de spectateurs (privilégiés !) à l’ISTS, Institut Supérieur des Techniques du Spectacle, évoluant sur fond de décor en tôles ondulées, les quatorze jeunes élèves comédiens ont excéllé. L’esprit de troupe et le plaisir du jeu était au rendez-vous, qui contribuaient à la réussite de la représentation. Le goût et le sens du plateau, le choix des musiques, les transitions parfaites entre chaque scène réjouissaient les oreilles et la vue. Chacun était mis en valeur dans tel ou tel monologue et l’ensemble formait un tout très cohérent. La parodie de Marylin Monroe en gants Mapa bleus était à croquer, tout comme le personnage de Consuelo ou la scène de la sortie d’hôpital psychiatrique du personnage de la jeune schizophrène. Le moment choral où le texte était partagé entre chaque comédien fut particulièrement émouvant. La Mort était présente à travers cet ensemble de textes, telle la reine de la Vie, face à l’éclatante jeunesse des comédiens.

MARIE-HELENE BONNAFE.


LA PROVENCE

Catherine Marnas imagine un superbe collage de textes de Koltès pour 14 jeunes comédiens.

Des alarmes de sirènes résonnent sur une scène qui s’emplit et se désemplit de personnages aux aguets, de solitaires en demande d’amour qui cherchent à se rencontrer mais se heurtent. Spécialiste de Bernard-Marie Koltès, Catherine Marnas a imaginé un collage de textes ingénieux pour la promotion de l’École Régionale d’Acteurs de Cannes (ERAC). La metteuse en scène y mêle des extraits de pièces, Quai Ouest, Combat de nègre et de chiens, à des passages de la correspondance de Koltès ou de ses réflexions sur le théâtre. On rit avec Le rouge à lèvres, extrait de Madame Coco, lorsque Consuelo chante Pou Pou Pi Dou à la Marilyn Monroe avec des gants de vaisselle. Une classique scène de dispute entre un homme et une femme est décuplée en étant jouée par l’ensemble des quatorze acteurs, qui répètent, dédoublent, amplifient les états d’âme et la colère des deux personnages. Les saynètes choisieS se font écho au fil de la pièce. (...) Au final, la pièce trouve au fur et mesure qu’elle se déploie, en dépit des contraintes de l’exercice (fournir un morceau de choix à chacun des élèves-acteurs). Catherine Marnas tire tout le parti de ses quatorze jeunes comédiens, à la sensualité animale, dans une scénographie de containers et de lumières au néon, simple mais efficace. Les acteurs s’y rencontrent comme des chiens et des Chats. C’est à dire comme des espèces qui ne devraient pas se croiser mais défendent leur territoire de façon épidermique.

MARIE-EVE BARBIER


LA MARSEILLAISE

(...) Présenté à Marseille avant le Festival d’Avignon, "Si un chien rencontre un chat..." est un montage, tout en finesse, de courts textes, de correspondances et de pièces inachevées ou abouties de Koltès. Maurice et Monique perdus dans le noir de Quai Ouest, June et Carole escaladant le grillage d’un cimetière ou Henry sautant d’un pont de Sallinger, le Call couvert de merde dans Combat de nègre et de chiens, la bonniche Consuelo aux prises avec l’altière Madame Coco, La Félice en perm’ de La fuite à cheval très loin dans la ville : ceux-là, et d’autres, sont sur le fil de la vie, réfugiés dans de "dérisoires solitudes" sur ce plateau fait de containers mouvants ; en transit un plateau de théâtre qui est, comme une prison ou un désert, un "lieu provisoire dont on cherche à s’échapper pour retrouver la vraie vie", paradoxe amplifié par l’incertitude que la vraie vie existât quelque part... (...) C’est dense, intense, bouillonnant (...) - jusqu’à ce que l’hommage à Koltès se retourne, avant un poignant final mozartien, vers les Vingt ans qu’il (d’)écrivait lui-même à sa mère et que les jeunes gens se renvoient comme en boomerang : "C’est l’âge où je risque ma vie, mon avenir, mon âme, tout, dans l’espoir d’obtenir plus ; c’est l’âge où je travaille sans filet. C’est terrible, bien sûr... mais n’est-ce pas cela, vivre ?" À la Criée, et bientôt à Avignon, sans filet mais avec coeur, c’est sûr : ils vont vivre.

DENIS BONNEVILLE


ZIBELINE N°32

7 garçons et 7 filles. 14 élèves de 3e année de l’École Régionale d’Acteurs de Cannes qui illuminent le plateau durant 2 heures. Pour leur dernier travail avant la vie professionnelle, ils sont dirigés par le talent généreux et précis de Catherine Marnas. Un travail rigoureux qui laisse toute sa place à l’émotion sur le plateau quasiment vide, dans le décor judicieux de Carlos Calvo, fait de boîtes empilées formant un puzzle de containers en parfait accord avec le propos.
Il s’agit de plusieurs extraits dramatiques de Koltès mêlés à des notes de travail, des lettres qui donnent un éclairage sur l’univers du dramaturge. Lutte et guerres, exploitation de l’homme par l’homme, rapport de sexes. Personnages sombres, perdus ou ratés qui s’affrontent, se déchirent, s’accrochent pour ne pas sombrer. Et la langue de Koltès, comme un canif très aiguisé, tranche dans le vif de la chair des comédiens : Chacun a SA scène, où il donne tout comme s’il avait tiré à une courte-paille muette. Virevoltant Mathieu Tanguy qui boxe contre le vide, habile Mikaël Teyssie, déjà si profondément juste... Les filles sont toutes formidables, surtout celles qui osent le comique, comme Pauline Jambet qui singe Marilyn avec rouge à lèvres et gants de vaisselle, et la saisissante Louise Belmas encombrée par ses paquets et sa psychose... Un véritable spectacle, qui a permis à chacun de mettre au jour ses qualités individuelles, et son sens du travail choral : les metteurs en scène n’ont plus qu’à aller choisir parmi ces jeunes talents, qui bénéficient pendant deux ans du Fonds d’Insertion des Jeunes Artistes Dramatiques (FIJAD). _ CHRIS BOURGHE