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LILITH OU DE L'INCONVÉNIENT POUR SA RÉPUTATION DE REFUSER LA POSITION DU MISSIONNAIRE
CRÉATION COLLECTIVE
MISE EN SCÈNE CATHERINE MARNAS

EQUIPE DE CRÉATION

Mise en scène : Catherine Marnas
Espace et lumière : Carlos Calvo
Costumes : Edith Traverso

La Compagnie Parnas, en collectif, s’est penchée sur l’origine du mythe de Lilith. Ou comment Lilith, la première femme, quasi inconnue, détrônée dans nos mémoires par Eve est devenue la responsable de tous nos maux.

Les acteurs se sont lancés dans une recherche frénétique et ont trouvé des raretés, des surprises, entre autres une Lilith de Rémy de Gourmont, petit diamant de misogynie et de kitcherie. Dans un beau style précieux et ironique, il raconte sa vision de la création de la première femme ; charge lourde et caricaturale, sa Lilith ayant un sexe à la place de la tête appelle évidemment la riposte amusée mais elle met aussi en lumière la grande peur du sexe de la femme. Comment est-on passé d’une déesse de la fécondité, à la féminité positive et source de vie, des religions primitives à cette diabolisation et abomination du sexe féminin (dans le vocabulaire par exemple) ?

Rétablissant l’origine du mythe en empruntant à différents auteurs, de la Bible à Primo Levi, se révèle le portrait d’une rebelle, refusant la soumission d’Adam, la première féministe en somme par cette petite phrase « je suis ton égale, je ne me coucherai pas sous toi ». Telle fut l’origine de sa damnation, Lilith la Succube, la reine de la nuit, le démon femelle, le trouble, devenant le mythe de tous les cauchemars masculins, de leurs désirs cachés aussi ?…



création le jeudi 24 novembre 2005
Théâtre La passerelle Gap (05)

DATE LIEU VILLE

2008-04-04 11:35:00

du 11 mars 2008
au 4 avril 2008
Collèges des Bouches-du-Rhône (13)

2007-10-23 17:08:00

le 23 octobre 2007
Théâtre des Salins Martigues (13)

2006-12-21 17:07:00

le 21 décembre 2006
Théâtre Le Cadran Briançon (05)

2006-12-15 17:06:00

le 15 décembre 2006
Théâtre d’Arles Arles (13)

2005-11-24 17:05:00

le 24 novembre 2005
Théâtre La passerelle Gap (05)

ZIBELINE

La tête des femmes

« C’est en voyant des spectacles comme Lilith que l’on comprend pourquoi on dit que les comédiens jouent… comme des enfants ils inventent des mondes, et se saisissent du jeu comme des musiciens font naître un univers sonore.
Il y a du plaisir là-dedans, celui de transformer la matière en le montrant, et en y invitant le public rendu complice. Le travail des comédiens de la compagnie Parnas est sans cesse épatant : il s’agit pour eux de se mettre à table, de commencer à lire un texte, de la ponctuer d’interventions en chœur ou en solo, en rythme ou en gestes, toujours ironiques. Puis peu à peu, insensiblement, d’incarner l’histoire qu’ils racontent, de se lever, de la jouer, en la ponctuant toujours de clins d’œil, d’appels au public, et d’ironie encore. Le spectacle est réglé comme du papier à musique justement : une partition à jouer au tempo, dans toutes des nuances, les ruptures de ton. … 
C’est justement ce rapport au sexe que le spectacle explore, ou comment da domination masculine passe aujourd’hui non par une répression de la sexualité, mais par une réduction de la femme à son sexe. À travers un texte de Bataille, une vidéo et une transformation des comédiens en objets excitants, le spectacle démontre combien l’érotisation du corps des femmes les ravale et les humilie. On permet ainsi à Lilith d’exister, et aux femmes d’aime le sexe. Mais pas de parler, de penser, d’être égales… »

Agnès Fréchel


LA PROVENCE MARTIGUES

Lilith, l’insoumise cible des misogynes

Lilith ou l’inconvénient pour sa réputation de refuser la position du missionnaire (tout un programme !) a été construite sur un mythe : celui de Lilith, la première femme, celle qui fut détrônée par Ève. Plus particulièrement à la Lilith de Rémy de Gourmont et de « sa vision réductrice de la femme avec un sexe à la place du cerveau » dira Catherine Marnas, metteur en scène, à l’issue de la représentation.


ZIBELINE

De quelques femmes

Cette création de la Compagne Parnas commence comme une lecture, puis procède à un dynamitage systématique des textes misogynes de Rémy de Gourmont, Primo Levi, Marcel Schwob… La figure de la « vraie » première femme, Lilith, apparaît dans des textes hébreux, à partir d’une contradiction de la Genèse, dans laquelle la femme est créée deux fois. La « première première femme est fabriquée non pas à partir de le côte d’Adam mais avec le l’argile comme lui, en même temps son égale. Puis elle est chassée du Paradis pour avoir revendiqué l’égalité sexuelle et refusé la « position du missionnaire » ! Transformée en démon, en succube par la littérature romantique et les auteurs du 20ème siècle, elle reste emblématique du rejet du plaisir sexuel féminin, assimilé à une revendication démoniaque par nos auteurs les plus établis…

Agnès Fréchel